Conjuguer vie professionnelle et diabète : enquête auprès de 2418 personnes diabétiques.


Guillot, C., Servy, H., Trilleaud, S., (September 2020)


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Contexte : Cette enquête, dans le cadre d’un travail de la Fédération française des diabétiques, a été menée dans le but d’interroger les conséquences du diabète sur la vie au travail.


Méthode : Le formulaire de l’enquête était composé de six parties développées dans le cadre de cette enquête pour un total de 22 questions. Le questionnaire était accessible sur internet du 14/10/2019 au 25/10/2019. Il fut communiqué via différents canaux dont la base de contacts de la plateforme Diabèt’Acteurs (n = 2936), un échantillon aléatoire de la base de la Fédération française des diabétiques (emailing à n = 10 000) et les réseaux sociaux.


Résultats : Sur les 3678 répondants, 2418 personnes diabétiques de type 1 ou 2, adultes actifs, vivant en France ont été analysées. Il s’agissait à 60 % de femmes et l’âge moyen était de 46 ans (sd : 11). Parmi ceux-ci, 70,6 % étaient atteints de diabète de type 1 et 29,4 % de diabète de type 2 avec une durée moyenne de maladie de 27 ans (sd : 15). Le niveau d’étude était supérieur ou égal à un BAC + 2 pour 62,2 % (n = 1504) et équivalent à un BAC ou BEP pour 37,8 % (n = 914). Le type de structure dans lequel ils travaillaient était la fonction publique pour 30 %, un grand groupe pour 27 %, une PME. Parmi les répondants, 80 % ont déclaré avoir rencontré au moins une difficulté au travail, liée à leur diabète, pendant les deux semaines qui ont précédé l’enquête. Une crise d’hypoglycémie ou d’hyperglycémie était déjà arrivée pendant le travail pour 60,4 % (n = 1460) d’entre eux (69,6 % pour les DT1 et 38,3 % pour les DT2) et ils éprouvaient une fatigue physique ou intellectuelle liée au diabète à 58,1 % (n = 1405). Parmi les 534 personnes ayant un niveau d’étude BEP/BAC et éprouvant de la fatigue physique ou intellectuelle, 42,9 % s’estimaient moins efficaces que leurs collègues de travail contre 6,6 % des 633 personnes ayant un niveau d’étude BAC + 2 ou plus et n’éprouvant pas de fatigue. Également, 70 % déclarent avoir bénéficié d’au moins une situation positive au travail au cours des deux dernières semaines, et pour 32 % d’entre eux cela s’est manifesté par des signes d’acceptation ou de soutien de leur collègue, du fait de leur diabète. De plus, 30 % des personnes déclarent avoir une grande confiance dans l’avenir avec leur diabète.


Conclusion : Cette enquête a mobilisé un nombre important de répondants en peu de temps. Aucune différence significative dans le vécu du diabète au travail n’a pu être mise en évidence, que ce soit entre les types de diabètes ou de traitement. Bien qu’une grande majorité des répondants ait rencontré des difficultés dans les deux semaines précédant l’enquête, ils sont également nombreux à avoir vécu une situation positive dans le même temps. Les facteurs les plus souvent corrélés à de plus grandes difficultés au travail et une confiance moindre dans sa situation professionnelle sont : le fait de ressentir de la fatigue au travail, qu’elle soit physique ou intellectuelle et un plus faible niveau d’étude (BEP ou Bac). Pour terminer, seul un tiers des répondants ont déclaré être confiants dans l’avenir avec leur diabète ce qui révèle une inquiétude pour la majorité des personnes diabétiques répondantes concernant leur avenir professionnel ; sans néanmoins pouvoir comparer à la population générale. Des études complémentaires seraient requises pour aborder la question avec une vision plus sociologique notamment pour interroger les situations vécues.


Guillot, C., Servy, H., Trilleaud, S., (September 2020). Conjuguer vie professionnelle et diabète : enquête auprès de 2418 personnes diabétiques. Congrès DSVR 2020

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